RADIOLAIRES





















Voici, après mes créations précédentes « Dans le regard de Lou » et « Le frémissement du monde », 
une nouvelle représentation des liens que je tisse entre la musique et les mots.

Radiolaires 
est un duo dans lequel j’interprète la poésie d’Aimé Césaire avec le pianiste Alain Jean-Marie.

Venant du théâtre avec une formation de danseuse, j’ai toujours été sensible à ce qui lie ces deux expressions : 
la musique. Mes prédécesseurs du spoken word l’ont bien compris, la poésie est la partition idéale à faire résonner, mais à incarner aussi, dans le sens charnel du terme.
En septembre 2012, j’ai eu l’honneur d’intervenir comme lectrice pour le colloque international : « Saint-John Perse, Aimé Césaire, Edouard Glissant : regards croisés ». J’y ai fait l’expérience d’être traversée par l’écriture d’Aimé Césaire. Je venais de créer un spectacle sur la poésie d’Edouard Glissant et ne pouvais qu’être réceptive à la puissance évocatrice de ses mots et à sa stylistique bouillonnante. Ce furent les premiers pas dans une zone d’incandescence qu’une rencontre artistique allait bientôt m’engager à poursuivre. Je veux parler d’un magicien, un pianiste dont le son de chaque note est si pleinement investi qu’il contient la musique à lui seul. Le musicien  offre une éloquence de jeu si subtile et d’une origine si profonde, qu’elle donne accès à l’essentiel.
Pour faire naître l’ombre et la lumière des poèmes d’Aimé Césaire, je ne pouvais imaginer meilleur compagnon que le pianiste Alain Jean-Marie.

J’ai conçu ce montage de poèmes comme une évocation onirique. Un rêve sur l’épopée, le mythe Césaire. Une sorte d’immersion dans l’écriture éruptive du poète qui, des premiers temps d’une prise de pouvoir par le mot sur la langue dominante, dans une véritable mise à feu lexicale, va s’aiguiser au fil d’une maturité grandissante et d’âpres désillusions. Mais c’est aussi Aimé Césaire dans sa dimension humaine qui est conté à travers ces poèmes choisis. Une vie d’homme passionné dans sa relation aux Antilles bien sûr, mais aussi dans sa relation fraternelle aux poètes de son temps, et dans son amour pour Suzanne, l’aimée originelle.








“Autrement dit le rien, le plus infime canton de l’univers, le microcosme le plus insignifiant, un point ou des points sur l’océan, mais aussi paradoxalement à partir desquels peut-être peut renaître le monde.” 
Aimé Césaire

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