mercredi 20 février 2019

Les yeux la voix...

Un article de Jean-François Authier
pour la revue L'Actualité Nouvelle-Aquitaine

"Ce visage est un monde. Le planisphère de la mémoire ancestrale de la peau a ses reliefs d’incarnation, une géographie organique où prend source la voix, où s’ancre et germine l’émotion. Il faut écouter Isabelle Fruleux sans délai." (extrait)


La suite ici :





mercredi 13 février 2019

FRÈRES MIGRANTS d'après Patrick Chamoiseau

"Le chemin par lequel on frappe l'Autre est le même que ceux-là qui direct touchent à soi"
Frères Migrants de Patrick Chamoiseau

Le 23 février à la médiathèque François Mittérand de Poitiers


jeudi 7 février 2019

FRÈRES MIGRANTS, Patrick Chamoiseau


 FRÈRES MIGRANTS 
d'après Patrick Chamoiseau, avec Felipe Cabrera ( contrebasse) Laurent Maur (harmonica chromatique)
 (http://compagnieloufried.free.fr/page1.html)

Nous serons à Paris, le  vendredi 22 février à l’espace Cardin du Théâtre de la Ville
https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-2018-2019/temps-forts/voix-de-femmes-soiree-musicale

Je réponds ici à l’invitation de Abd Al Malik, artiste associé au Théâtre de la Ville, et j’en suis très honorée.
« Les poètes déclarent qu’une constitution nationale ou supranationale qui n’anticiperait pas les procédures d’accueil de ceux qui passent qui viennent et qui appellent contreviendrait de même manière à la sureté de tous » 



dimanche 3 février 2019

Edouard Glissant


 Le 3 février 2011 décédait un grand penseur et poète de notre temps, Edouard Glissant.

« Dans les cultures occidentales, on dit que l’absolu est l’absolu de l’être et que l’être ne peut pas être sans se concevoir comme absolu. Pourtant déjà chez les présocratiques, la pensée prévalait que l’être est relation, c’est-à-dire que l’être n’est pas un absolu, que l’être est relation à l’autre, relation au monde, relation au cosmos. C’est la pensée présocratique, à laquelle on a tendance à revenir aujourd’hui. De manière beaucoup plus laïque, quand certains écologistes dans le monde se battent pour leur idéal, qu’est-ce qu’ils disent? Ils disent: « Si tu tues la rivière, si tu tues l’arbre, si tu tues le ciel, si tu tues la terre, tu tues l’homme. » Autrement dit ils établissement un réseau de relations entre l’être humain et son environnement. Ce que je dis c’est que la notion d’être et d’absolu de l’être est liée à la notion d’identité « racine unique » et d’exclusive de l’identité, et que si on conçoit une identité rhizome, c’est-à-dire racine, mais allant à la rencontre des autres racines, alors ce qui devient important n’est pas tellement un prétendu absolu de chaque racine, mais le mode, la manière dont elle entre en contact avec d’autres racines: la Relation. Une poétique de la Relation me paraît plus évidente et plus « prenante » aujourd’hui qu’une poétique de l’être. » 

Edouard Glissant « Introduction à une poétique du Divers » éditions Gallimard


samedi 2 février 2019

FRÈRES MIGRANTS de Patrick Chamoiseau à Poitiers

" Citoyens de cette Mondialité (qu'ignorent toujours les géographies capitalistes), les voici inclassables - à la fois clandestins bannis expulsés expurgés exilés désolés voyageurs tapageurs réfugies expatriés rapatriés mondialisés et démondialisés, dessalés ou noyés, demandeurs d'asile, demandeurs de tout ce qui peut manquer aux vertus de ce monde, demandeurs d'une autre cartographie de nos humanités! " Frères migrants de Patrick Chamoiseau, Seuil éditions

Le 23 février 2019 à la médiathèque François Mittérand, 
4 rue de l'Université 86 000 Poitiers 05 49 52 31 51
Entrée libre et gratuite


Avec Isabelle Fruleux (voix) Felipe Cabrera (contrebasse) Laurent Maur ( harmonica chromatique)


vendredi 18 janvier 2019

Abdellatif Laâbi FRAGMENTS D’UNE GENÈSE OUBLIÉE


J’ai eu le bonheur de commencer l'année en lisant pour moi-même Abdellatif Laâbi. En vœux de bonne année, je partage avec vous le poème 23 de FRAGMENTS D’UNE GENÈSE OUBLIÉE 

Il est temps de se taire 
de ranger les accessoires
les costumes les rêves
les douleurs
les cartes postales

Il est temps de fermer la parenthèse
arrêter le refrain
vendre les meubles 
nettoyer la chambre
vider les poubelles

Il est temps d’ouvrir la cage
des canaris qui m’ont prodigué leur chant
contre une vague nourriture
et quelques gobelets d’eau

Il est temps de quitter
la maison des illusions
pour le large d’un océan de feu
où mes métaux humains
pourraient enfin fondre

Il est temps de quitter l’enveloppe
et s’apprêter au voyage

Nos chemins se séparent 
Ö mon frère l’évadé

J’ai de la folie
mon grain propre


Un choix autre
de la séparation

J’ai ma petite lumière
sur les significations dernières
de l’horreur

Une fois
une seul fois
il m’est arrivé d’être homme
comme l’ont célébré les romances

Et ce fut
au mitan de l’amour

L’amour
quoi de plus léger pour un havresac

Alors je m’envole
sans regret
j’adhère au cri
l’archaïque
rougi au feu des déveines
et je remonte d’une seule traite
la chaîne des avortements

Je surprends le chaos
en ses préparatifs

Je convoque à ma transe noire
le peuple majoritaire des éclopés
esprits vaincus
martyrs des passions réprouvés
visages sacrifiées au moloch de la fécondité
aèdes chassés de la cité
dinosaures aussi doux que des colombes
foudroyés en plein rêve
ermites de tous temps
ayant survécu dans leurs grottes 
aux bulldozers de l’histoire

Je ne me reconnais d’autre peuple
que ce peuple
guéri du rapt et du meurtre
du vampirisme des besoins 
des adorations 
des soumissions
et des lois stupides

Je ne me reconnais d’autre peuple 
que ce peuple 
non issu de la horde
nuitamment nomade
laissant aux arbres leurs fruits
aux animaux la vie sauve
se nourrissant du lait des étoiles
confiant ses morts 
à la générosité du silence 

Je ne me reconnais d’autre peuple
que ce peuple 
impossible

Nous nous rejoignons dans la transe

La danse nous rajeunit
nous fait traverser l’absence

Une autre veille commence
au confins de la mémoire