samedi 15 octobre 2016

Sud-Ouest présente LES INDES

Article de Céline Musseau 

dans le quotidien Sud-Ouest du 15 octobre 2016 

avant la représentation de ce soir 

au Rocher de Palmer.



vendredi 7 octobre 2016

Les Indes, d'Edouard Glissant, au Rocher de Palmer!

Je vais vous dire les ami-e-s, je viens d’un milieu où on est tellement préoccupé par comment garder un toit sur la tête et comment nourrir ses enfants, qu’à priori je n’étais pas franchement prédestinée à transmettre des poèmes! Sauf que, c’est précisément là que j’ai eu besoin de ce souffle qui entraine à voir le beau et à avancer. J’ai retrouvé cette beauté, que j’appelle sans cesse et sans laquelle j’étouffe, dans les photos qu’Anabell Guerrero a fait sur les réfugiés du camps de Sangatte. On y voyait des personnes, pourtant dans le plus grand dénuement, belles, belles et fragiles comme des fleurs rares. J’ai voulu qu’Anabell fasse la scéno des Indes parce que je voulais ce beau là, humain, fragile. J’ai rêvé de travailler avec chacun des musiciens qui jouent ce poème avec moi, CHACUN. L’électro d’Eddie Ladoire qui arrive à métalliser une vibration que vous avez pourtant cru naitre dans votre ventre, Raphael Imbert au saxophone qui prie avec moi, lui qui n’a pas de religion, moi non plus d’ailleurs, Thomas Savy, Sonny Troupé, Felipe Cabrera, de magnifiques jazzmen. C’est quoi le jazz??? C’est le mélange d’hier et d’aujourd’hui, c’est se laisser surprendre par l’inconnu, lui donner beaucoup en se pardonnant peu, c’est le traditionnel, le classique, le populaire sans la moindre frontière territoriale, culturelle, qui se mêlent et se frottent. C’est un grand bordel qui s’organise en se faisant parce qu’il faut que ça groove ensemble. Une Créolisation. Tout ça, on le vit dans Les Indes et on veut le vivre avec vous et c’est pas du slogan, parce que seul, ben ça ne marche pas, ami-e-s. 


Le Samedi 15 Octobre 2016

                                     


photo de Martin Sarrazac

mercredi 14 septembre 2016

Rencontre avec Patrick Chamoiseau et lectures d'extraits de La matière de l'absence avec Raphaël Imbert au saxophone

J'ai l'honneur de poursuivre ma fréquentation de l'œuvre de Patrick Chamoiseau avec des lectures de son dernier magnifique ouvrage, La matière de l'absence, et comme une joie peut en amener d'autres je vais retrouver Raphaël Imbert avec qui je chemine aussi.

 C'est ce vendredi 16 septembre à la Maison de l'Amérique latine, au plaisir de vous y voir...




jeudi 19 mai 2016

le commencement du monde est un rêve... Adonis


Le jeu de l'univers en toi dit : le centre du monde est errance
prends le soleil par les cornes

n'appelle mensonge que la vérité si tu veux la vérité

soleil obscur comment réconcilier mon encre et la pierre philosophale? à Shanghai 

Je bâtirai un pays et donnerai à chaque pays
le droit d'y habiter
sans chaînes sans gratitude
le commencement du monde est un rêve

Adonis - Prends-moi, chaos, dans tes bras

vendredi 13 mai 2016

"Lampedusa ce que nous disent les gouffres" de Patrick Chamoiseau


"toute douleur est apprendre et ce chant est connaître"


Composition électroacoustique: Eddie Ladoire
Vidéo: Carl Carniato
Voix: Isabelle Fruleux


Lampedusa, ce que nous disent les gouffres


Toute horreur crée son gouffre
ainsi celle de la Traite à nègres qui fit de l'Atlantique
le plus grand oublié des cimetières du monde
(crânes et boulets relient les îles entre elles
et les amarrent aux tragédies du continent)

Le gouffre chante contre l'oubli,
en roulis des marées
en mots de sel pour Glissant pour Walcott et pour Kamau Brathwaite
(fascine des siècles dans l'infini de ce présent où tout reste possible)

Celui de l'Atlantique s'est éveillé
clameurs en méditerranée !
l'absurde des richesses solitaires
les guerres économiques
les tranchées du profit
les meutes et les sectes d'actionnaires
agences-sécurité et agences-frontières
radars et barbelés
et la folie des murs qui damnent ceux qu'ils protègent

chaussures neuves et crânes jeunes font exploser les vieilles concentrations !

les gouffres appellent le monde
les gouffres appellent au monde

l'assise ouverte
les vents qui donnent l'humain
l'humain qui va au vent
les aventures des peurs et des désirs
la seule richesse des expériences menées à la rencontre
les solidarités qui se construisent et qui construisent
les coopérations qui ouvrent et qui assemblent
et le suc et le sel de l'accueil qui ose

L'enfant a eu raison de mettre ses chaussures neuves
ce qu'il arpente au delà de nos hontes
c'est le tranchant des gouffres génériques
qui signalent sous l'horreur
et qui fixent sans paupières
l'autre possible ouvert du meilleur de nous

en ombres en foudres en aubes
les gouffres enseignent longtemps

(toute douleur est apprendre et ce chant est connaître)

chant partagé d'une même planète.

Patrick CHAMOISEAU

mardi 10 mai 2016

10 mai...en commémoration


Aimé Césaire, Une Tempête (extrait)


Ariel:
"M'ennuyer! Je crains que les journées
ne me paraissent courtes!
Là où les cécropies gantent d'argent l'impatience
de leurs mains
Là où les fougères délivrent d'un cri vert
le noir tronçon têtu de leur corps scarifié
Là où la baie enivrante mûrit l'escale
pour le ramier sauvage
par la gorge de l'oiseau musicien
je laisserai tomber
une à une
chacune plus délectable
quatre notes si douces que la dernière
fera lever une brûlure
dans le coeur des esclaves les plus oublieux
Nostalgie de liberté!"